Je croyais avoir tout vu, tout contrôlé. Mon protocole était bien rodé : changement de substrat à l’arrivée, nettoyage méticuleux, prédateurs naturels bien placés… Bref, je dormais tranquille, convaincue que ma jungle intérieure était protégée. Et pourtant, le 22 août 2025, l’ennemi que je redoutais le plus a fait son apparition : les thrips. Oui, ces minuscules créatures insidieuses que tout collectionneur de plantes craint.
🌿 La découverte
Tout a commencé par de petits points jaunes sur mon Alocasia odora. Rien d’alarmant, du moins en apparence. En soulevant une feuille, j’aperçois trois thrips qui se promènent tranquillement… et mon cœur fait un bond.
Pourtant, cette plante, je l’avais achetée bébé le 6 janvier 2025. Difficile de comprendre d’où elles venaient. A noter que j’avais diminué le nombre de prédateurs dans cette zone pour les concentrer ailleurs car je pensais être en contrôle.
Les plantes voisines semblaient saines. Deux nouvelles avaient été introduites récemment, dont la plus récente, une Hoya obovata achetée le 27 juillet 2025. Mais les dégâts restaient limités à l’Odora. J’isole donc toutes les plantes de cette étagère dans un sac de plastique avec un sachet de swirskiing. Je ne pense pas les garder dans ma collection pour ne pas prendre de chances, mais je les ai gardées dans le sac de plastique pour observer l’évolution des dommages. Et croyez-le ou non : elles y sont encore au 18 octobre 2025, avec très peu de dommages.

Les dommages et les thrips…sur l’alocasia odora le 22 août 2025



Les plantes isolées dans un sac le 22 août 2025 avec un sachet de swirskiing. Aucun autre traitement n’a été fait.
Photo prise le 05 oct 2025. Il y avait une thrips sur une plante et il y avait seulement quelques feuilles de l’alocasia odora qui étaient jaunes. Aucun autre dommage.
Je ne prends aucune chance avec ces plantes, elles sont retournées dans le sac de plastique. Mais cela permet de constater que cela peut prendre du temps avant de voir les dommages.
🪴 L’expansion du front
Deux jours plus tard (24 août) : nouvelle alerte. Un thrips est repéré sur mon Syngonium Mojito, à environ 15 pieds de l’Odora. Aucun dommage visible, mais je ne prends aucun risque : quarantaine immédiate de toutes les plantes du salon dans des sacs.
Je file acheter trois serres et déménage ~70 plantes (celles du salon et de l’escalier) dans le garage avec des sachets de swirskiing et de cucuméris. Une vraie opération militaire, mais nécessaire pour protéger le reste de la collection.

Les serres au garage et le syngonium mojito (aucun dommage visible).

🔬 L’identification
Pour en avoir le cœur net, j’investis dans un microscope numérique (rien de fou, mais suffisant). Verdict : thrips de l’impatiens, une espèce exotique. Elle vient forcément d’une plante achetée récemment ou d’un passage en magasin. Comme je vais très rarement dans les magasins de plantes, j’en conclus que le passager clandestin est arrivé avec une nouvelle acquisition.
Bien honnêtement, j’ai eu « de la chance » que ce soit la thrips de l’impatiens (Echinothrips americanus). Elle est un peu plus grande que bien d’autres thrips (les femelles tournent autour de ~1,6 mm), et surtout elle vit et complète ses stades visibles sur le feuillage : on la repère donc plus facilement au revers des feuilles. À l’inverse, d’autres espèces communes de thrips ont tendance à pupater dans le sol/substrat, où elles se cachent très bien—ce qui complique l’inspection et le contrôle.

A gauche, la photo de la thrips qui était dans le syngonium mojito.
Voici un lien d’un site externe où l’on peut voir une photo de la Thrips de l’impatiens (Echinothrips americanus).
🪲 Le plan d’attaque (naturel, mais musclé)
Le 4 septembre 2025, je lance mon offensive naturelle :
- Nématodes (Steinernema) : vaporisation sur toutes les feuilles des deux côtés (une seule application – c’est long à faire)
- Chrysopes en écailles : déposées sur les feuilles
- Sachets de Amblyseius swirskii : suspendus dans le feuillage
A titre préventif (car ces prédateurs ne sont pas utilisés pour la thrips de l’impatiens). Ils sont compris dans mon forfait avec Limoiland:
- Sachets de Amblyseius cucumeris : suspendus dans le feuillage
- Stratiolaelaps scimitus (prédateurs du sol) : dans le substrat
Je répète le traitement trois semaines plus tard (et encore une troisième fois), sauf les nématodes. En parallèle, j’augmente mon forfait chez Limoiland : Prévention « Jungle intérieure – 70 plantes » (50 $ + tx / 4 semaines) pour entretenir une vigilance naturelle en continu.
👉 Depuis le déménagement au garage, aucune thrips visible. Inspections du 18 octobre et du 15 novembre : tout est sous contrôle.
Par prudence, ces plantes resteront isolées encore 4 à 6 mois avant de regagner leur espace dans la maison.
🌱 Ma nouvelle méthode pour les achats de boutures/plantes
Cette expérience a changé ma routine d’accueil :
- Plus de lavage ni de rempotage à l’arrivée.
- Quarantaine en sac de plastique ou dans un espace isolé pendant ≥ 1 mois : Attention il faut être prudent avec le sac de plastique, il faut aérer, peu arroser, surveiller tous les jours (l’humidité peut faire pourrir).
- Si tout va bien, je déplace ensuite la plante en serre de quarantaine pour 3 à 5 mois avant de l’intégrer à la collection.
Résultat ? J’ai détecté des acariens sur une bouture à une seule feuille après 3 jours chez moi (d’une vendeuse pourtant fiable). Rinçage à grande eau, mousse de sphaigne remplacée, ajout d’un sachet de swirskii… et je la surveille.
Si je l’avais lavée dès l’arrivée, je n’aurais probablement rien vu — les acariens auraient ressurgi beaucoup plus tard, alors que j’aurais pensé qu’elle était correcte.

La bouture avec le petit acarien (difficilement visible sur la photo), voir au dessus du triangle rouge.
🌸 Conclusion : la vigilance est la clé!
J’ai accepté une vérité simple : il est presque impossible de ne jamais avoir d’indésirables surtout si on achète beaucoup de plantes… je suis rendue à plus de 400 plantes.
En revanche, on peut réduire les risques, observer, prévenir, et intervenir avec douceur et régularité.
Dès maintenant, chez moi :
- Quarantaine obligatoire, sans exception
- Aucun traitement à l’arrivée (observer d’abord, agir ensuite)
- Observation quotidienne + prédateurs naturels préventifs
- Isolation d’une plante au moindre soupcon
- Préparation de boutures : seulement après 4 à 6 mois de surveillance de la plante-mère, enracinement des boutures dans une serre dédiée (zéro contact extérieur).
Au fond, aimer les plantes, ce n’est pas seulement les faire pousser. C’est apprendre à vivre avec leurs défis, écouter leur rythme, et trouver l’équilibre. 🌿
💚 Avec passion, vigilance, et toujours un peu de terre sous les ongles — Thaly ♥
PS : Si tu aimes suivre ces aventures botaniques, n’hésite pas à t’abonner à ma page facebook Thaly Plantes Passion — où je partage mes expériences, de la passion verte et éventuellement des boutures chouchoutées à la maison. 🌱✨